Peppermoon    
  Nos ballades (2009)
 
 
 
   
Disques
   
Sommaire
   
Accueil
 

Les textes de cet album sont inégaux, hésitant entre une belle célébration de l'instant et des formules trop appliquées, ou lourdement signifiantes. Mais nous l'avons déjà dit dans un article consacré à un concert de Peppermoon, alors n'en parlons plus, et faisons la grâce à ces treize chansons d'une véritable "écoute pop", c'est-à-dire d'une écoute intermittente qui ne prend pas les textes comme un tout à dérouler du début jusqu'à la fin, mais comme un réservoir de mots ou d'images à écouter ou ignorer selon l'instant, la couleur ou l'occasion musicale. Et dès lors, ce premier album se révèle une magnifique découverte qui met août et ses petites routes d'arrière-pays au coeur de juin, et l'esprit d'une certaine pop anglo-suédoise à celui de Paris. Revue détaillée et conseils d'écoute :

Après l'orage
Sublime ballade pop d'une noirceur assez française (on pense davantage à Edith Fambuena qu'aux Acid House Kings), pourvue d'un long refrain qui dévide sa phrase avec une élégance un peu lasse. Une chanson pour Françoise Hardy.
[Route détrempée d'Auvergne, fin d'été, neuf heures du soir]

Les Petits miroirs
Merveilleux accord final (sur "la glace") pour sortir de l'espèce de boucle enchantée et légère qui a gardé tout le long de la chanson l'auditeur dans un état de rêverie douce et grave.
[En allant acheter le pain, un matin bleu de juillet, après une nuit trop courte]

Barcelone
Autre ballade, plus près du sol, comme un bel interlude pour flûte, d'une fadeur qui est comme une politesse.
[Cinquante ou soixante kilomètres par heure, vitres ouvertes, vers midi ; on parle fort dans la voiture]

Nos ballades
La chanson pop parfaite, celle qui fait avancer un peu plus vite et surtout plus légèrement, celle qui prend immédiatement possession de tout l'être et lui impose ses couleurs d'âme, celle que l'on écoute des après-midi entières jusqu'au dégoût, jusqu'à l'insensibilité.
[Partout sur terre — même à Dubaï]

Bed And Breakfast
Refrain au souffle court, qui empêche le décollage pop, et qui restreint considérablement l'espace après l'émerveillement de "Nos ballades". Très jolis "Tam da di dam" néanmoins.
[Skip]

Un coin tranquille à Shibuya
Belle chanson simple, le moment le plus folk de l'album. Mais sévères attaques du texte que l'on a du mal à ne pas entendre ("Une île de rêve dans le réel"...), ce qui peut laisser l'auditeur un peu groggy.
[Pendant la sieste, département du Var écrasé de soleil]

Le Thé (feat. Timothy Rabbit)
Autre chanson pop parfaite, mais uptempo. Légère, catchy comme disent les Anglais, directe. Pourrait avoir été publiée par le label pop suédois Labrador. Ou être le prochain single d'Alizée.
[De la vitesse, du vent, du soleil et au moins deux passagers pour le sing-along et les claps. Matin et après-midi jusqu'à quatre heures]

Un ange qui passe
Nouvel interlude vocal qu'on écoute distraitement, qui n'ajoute ni ne retranche. Un ange qui passe, vraiment, avant la chanson suivante.
[Skip ?]

Pour l'instant
Peut-être, textuellement et musicalement, la quintessence de la pop Peppermoon ? Quoi qu'il en soit, l'un des sommets de l'album, une chanson qui peut changer une journée, ou une vie, ou bien rester dans son coin de fraîcheur, toujours prête à nous raccorder : "J'aime le soleil sur l'eau des rivières"...
[Lumière d'août sur les herbes, sept heures du soir, routes vides et parfums]

A Rainy Sunday Walz (instrumental)
Comme son nom l'indique. En fait un très court pont musical pour passer de la sublime lumière de "Pour l'instant" au noir et blanc un peu piqué de "Joséphine".

Joséphine
Joli titre un peu grave. Il lui manque un je-ne-sais-quoi d'ombre ou de silence pour toucher vraiment.
[Fin d'après-midi pluvieuse, vu sur le jardin à travers les vitres]

Et l'on sème
Comme une marche qui avance en tournoyant et qui pourrait durer indéfiniment dans la lumière du soir qui tombe. Equivalent pop-folk minuscule des passacailles ou chaconnes placées à la fin des opéras baroques français : sentiment d'infini, et larmes, face à ce qui est clôture et ouverture.
[Lumière de fin août, neuf heures du soir sur les herbes qui passent de l'or à l'ombre, route du retour, il va falloir fermer les fenêtres]

Lonelunaire (instrumental)
Petit instrumental de rien, qui s'élève vers le grand tout. Admirable codicille.
[Route de nuit, octobre]

PS : Peppermoon publie parallèlement à l'album, un EP virtuel de quatre titres intitulé Les Petits miroirs comprenant, outre ce titre dans une version identique à celle de l'album, une très courte pièce pour piano ("Tippi berceuse"), une magnifique ballade qui aurait largement mérité de figurer sur l'album ("Les Rues tranquilles"), ainsi qu'un duo intrigant entre la chanteuse Iris Koshlev et Pierre Faa, auteur et compositeur de la quasi totalité des chansons de Peppermoon ("Orient-Epress").

   
       
  Jérôme Reybaud, juin 2009    
       
  1 Après l'orage
2 Les Petits miroirs
3 Barcelone
4 Nos ballades
5 Bed And Breakfast
6 Un coin tranquille à Shibuya
7 Le Thé (feat. Timothy Rabbit)
8 Un ange qui passe
9 Pour l'instant
10 A Rainy Sunday Walz (instrumental)
11 Joséphine
12 Et l'on sème
13 Lonelunaire (instrumental)

   
       
  Tous les titres sont écrits et composés par Pierre Faa sauf 12 (Pierre Faa / Charles Rouah)    
  CD