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Qu'est-ce qui a pu pousser la rédaction presque complète de Lalalala à se rendre à Neuchâtel, triste ville suisse (particulièrement à la fin du mois de novembre) ? Magali Noël y créait son nouveau spectacle, Le Clan, hommage à ses amis Vian, Queneau et Prévert. Elle aurait pu tout aussi bien choisir le bout du monde ou même Sarcelles : Lalalala aurait fait le voyage all the same.


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Excellent récital de Simone Tassimot consacré à la chanson du cinéma des années 30. Malheureusement la mise en espace du spectacle (ou plutôt "l'envahissement de l'espace") fut une entrave au plaisir. Compte-rendu.


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Une après-midi dans une médiathèque, un disque trouvé par hasard : pochette noire, photographie floue, "Syracuse", "Stanislas", "Vous oubliez votre cheval", entre autres chansons du répertoire, et, pour les chansons originales, des titres comme "Novembre", "Byzance", "Miramare 1867 (Trieste)"... Et le nom en lettres dorées : Adrienne. Depuis elle est devenue Adriana Voss - mais la fascination n'a pas faibli. Elle entre aujourd'hui au dictionnaire de lalalala.

Concert Michel Legrand

"Mais... mais que sais-tu de moi toi qui parles si bien, toi qui dis me connaître et pourtant ne sais rien, rien, rien, rien, rien..." Il n'y aura certainement ni Christiane Legrand ni Danielle Licari salle Pleyel le 27 février prochain, mais le grand orchestre symphonique que Michel Legrand dirigera devrait suffire à faire revivre ces grandes phrases des Demoiselles de Rochefort, ou d'autres des Parapluies de Cherbourg ou encore de l'Affaire Thomas Crown. D'ores et déjà l'un des concerts les plus attendus de la prochaine saison.


Livre Jacques Canetti

 

Universal a réédité avec soin une partie du fonds Canetti au début des années 2000. Cependant en 2005 les Productions Jacques Canetti, dirigées par Françoise Canetti, la fille, ont confié la distribution de leurs disques à un autre partenaire, Because Music, et depuis le rythme des rééditions semble s'être considérablement accéléré, notamment au rayon des compilations, qu'on ne compte plus... Bref le catalogue revit bel et bien, mais la ligne éditoriale est un peu brouillonne (l'album intitulé Le Meilleur de Jeanne Moreau volume 2 par exemple est en fait la réédition de son album Douze nouvelles chansons de Bassiak...), à l'image des objets édités à l'occasion des "50 ans de chansons" de Jacques Canetti. D'abord un livre (Mes 50 ans de chansons françaises, Flammarion), qui reprend un grande partie de l'autobiographie que Jacques Canetti a publiée en 1978 chez Calmann-Lévy sous le titre On cherche jeune homme aimant la musique, en y adjoignant un nombre considérable de documents iconographies de grand intérêt le plus souvent, ainsi qu'une discographie incomplète et anarchique et un disque compact d'entretiens de Jacques Canetti. Bref, on ajoute et on retranche d'une même main, et l'on produit de ce fait un ouvrage à la fois essentiel et frustrant. Le coffret de quatre disques et un DVD publié parallèlement (Mes 50 ans de chansons, Productions Jacques Canetti), est du même acabit : présentation à la fois recherchée (reproduction d'affiches des 3 Baudets, disques imitant le vinyle...) et fragile (le livret se dégrade vite, la tranche est trop large etc.) ; sélection des chansons à la fois réjouissante (panorama assez équilibré et agrémenté de quelques inédits en disque compact) et décevante (les inédits en question, extraits de l'album collectif Je suis heureux, ne sont sans doute pas ce que Canetti a enregistré de plus beau et l'on imagine (mais peut-être à tort) que les caves de la maison de disques auraient pu permettre un choix plus heureux). On l'aura compris : le livre et le coffret sont essentiels et frustrants, c'est-à-dire qu'ils garantissent des heures d'exploration tour à tour amusée, heureuse et énervée (notamment lorsqu'après avoir rempli toutes sortes de formulaires sur l'Internet pour avoir accès au "bonus n-CD Audio", il ne se passe rien...).


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Alain Souchon qui n'aime pas les "parachutes dorés" (comme à peu près tout le monde sauf ceux qui en profitent) offre une chanson sur l'internet, dans un geste de générosité rebelle... mais il n'oublie pas ce faisant d'ouvrir son propre parachute de secours pour assurer la promotion de son nouvel album dont la sortie a été retardée... Un tel coup de maître opportuniste méritait bien une récompense : Alain Souchon, Tartuffe 2008.


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Paul Vecchiali, immense cinéaste et expert du cinéma des années trente en France, nous a accordé un entretien passionnant dans lequel on croise Fréhel et Damia, Darrieux et Patachou, Vanessa Paradis et Arielle Dombasle, Jean Guidoni et Jean Gabin, Mona Heftre et Jacqueline Danno... Le cinéaste qui connaît la chanson.


Disque

Ravel Chapuis et Elisa Point

 

Il aura fallu attendre neuf ans depuis leur single "Pas la peine" pour qu'enfin sorte l'album promis. Sous l'identité de Désolé, comme pour s'excuser d'avoir mis à mal notre patience, Ravel Chapuis et Elisa Point sortiront chez Volvox Music, le 19 janvier 2009, Perdus corps et biens, un album entièrement composé de duos. Deux univers qui se fondent et se complètent pour n'en faire plus qu'un d'une cohérence parfaite. Nous n'avons rien entendu de ce disque, mais nous l'attendons avec enthousiasme et fébrilité.


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Pour son éditorial de la fin de l'année, Lalalala s'est offert un petit voyage dans les rayons de la Fnac, bien avant les fêtes de Noël qui verront fleurir des coffrets au rabais des artistes les plus en vue (il y aurait beaucoup à dire sur l'intérêt de ces coffrets, tant du point de vue du contenu que de la forme : mariage de l'indigence et de la laideur). Car quelle que soit la saison, les "têtes de gondole" ne laissent pas beaucoup de place à l'in-ouï... Pour accompagner ce constat, en écoute, justement l'extrait d'un disque indisponible depuis sa parution en 1964 : Monique Tarbès interprète une chanson de Ricet Barrier, et la satire est si féroce, l'interprétation si extrême, que l'on n'est pas surpris que personne dans les bureaux d'Universal n'ait songé à rééditer la chose.

Concert Ulrich Corvisier

Le terme "cabaret" ne veut plus dire grand' chose tant est longue la liste de ceux qui l'ont galvaudé. Quelques-uns cependant peuvent encore le revendiquer : leur art, leur univers, leur esprit les y autorisent. Ulrich Corvisier est de ceux-là : aplomb et fragilité, ironie et sentimentalité, trouble et mystère... tout est en place - à tel point qu'on se prend à rêver : et si son Cabaret d'Ulrich C., qu'il présentera du 8 au 10 janvier au théâtre Essaïon (Paris IV) et qui fera entendre Jean Tranchant, Maurice Magre etc., s'avérait capable de redonner au mot et à la chose non seulement leur lustre, mais leur goût très spécifique, pour ne pas dire leur âme ? Renseignements : 01 42 78 61 73.


Concert Barbara Carlotti

Barbara Carlotti aime les concerts mais elle apprécie surtout le Spectacle, comme elle nous l'avait confié lors d'un entretien. En mai dernier à l'Européen, salle où chantèrent Yvette Guilbert, Marie Dubas, Renée Lebas, Suzy Solidor... elle donna, elle la chanteuse pop, elle l'amoureuse du groupe pop-rock anglais les Zombies, une leçon de music-hall inattendue, paradoxale et parfaitement réussie : tableaux avec décor et danseur, invités... - bref une petite revue moderne, et l'un des spectacles les plus enthousiasmants de l'année, que Barbara Carlotti reprendra le 16 décembre prochain au théâtre Mouffetard (Paris V). Auparavant (le 10 décembre) on aura pu la voir (et écouter sa sublime voix) sur la scène du Café de la Danse (Paris XI) aux côtés de Clarika, Julien Ribot, Erik Arnaud... et Florent Marchet, jeune auteur, compositeur et interprète qui sera l'hôte d'une soirée explicitement pop, celle-là.


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Dans les magasins de jouets de la pop et de la chanson, on trouve des poupées de cire et des poupées de son, des poupées de porcelaine et des puppets on the string, mais aussi des poupées qui font non non non, et même une poupée qui fait pipi caca. Dans le Toystore de Coralie Clément (c'est le titre de son nouvel album), nous avons trouvé un nouveau modèle dont nous nous serions bien passés : la poupée qui ennuie.

Concert Jean Guidoni

"Tout autour de la terre / Nous avons rencontré / Jean Guidoni" pourrait-on dire, puisque le chanteur se lance dans une tournée Prévert gigantesque, à l'occasion de la sortie de son nouveau disque. Plusieurs dates à Paris, dans plusieurs salles (L'Européen le 15 et le 16 décembre, La Reine Blanche le 5 et le 6 février 2009, Le Vingtième Théâtre le 16 et le 17 mars 2009), mais aussi beaucoup de dates en France (Lyon le 27 et le 28 mars 2009, Aurillac le 14 mai 2009, Arras le 14 juin 2009...) Les arrangements sont confiés à l'excellent Ravel Chapuis qui avait assuré la direction musicale des concerts à la Boule Noire de 2007. Le "chanteur qui marche" reviendra-t-il à pied de sa tournée, comme dans la chanson de Prévert ? Il en est bien capable...


Concert Magali Noël

Magali Noël est sans conteste la plus grande interprète de Boris Vian : jamais swing, sensualité, humour et énergie rock n'auront été si bien incarnés simultanément. Son corps et sa voix font d'elle un instrument de musique d'une précision suisse, où elle habite d'ailleurs. Et c'est justement à Neuchâtel qu'elle présentera, du 26 au 30 novembre, un spectacle Boris Vian, Raymond Queneau et Jacques Prévert intitulé Le Clan. C'est déjà quasiment complet. Renseignements : Le théâtre du passage


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Pascale Borel, interprète subtile de "Rater ma vie", n'a rien raté du tout pendant cinq soirs à l'EssaÏon - à la jouissive exception de ce beau lapsus lors de la reprise du tube de Jacques Duvall : "Tout le monde répète en choeur que les hommes préfèrent les brunes"... Bien au contraire, elle et son petit ensemble ont, depuis leur dernière série de concerts en janvier dernier, appronfondi, affiné le tour de chant pour en faire un véritable spectacle. Lalalala était à l'Essaïon pour deux des cinq soirées (compte-rendu ici), tout comme Fabienne Reybaud, notre grand reporter qui a publié son propre article dans Le Figaro (que l'on peut lire sur la page MySpace de Pascale Borel).

Concert Simone Tassimot

Simone Tassimot a déjà présenté de beaux spectacles thématiques comme La Fille des bars, D'une fin de siècle à l'autre etc. dans lesquels elle faisait revivre les chansons du répertoire. Le vingt-six novembre prochain, entre deux Gainsblues, c'est à la chanson dans le cinéma des années trente qu'elle consacrera son récital, à l'Archipel, Paris X (le concert sera d'ailleurs suivi d'une projection de L'Ange bleu.) Ne vous fiez pas à l'affiche cheap et trompeuse : Simone Tassimot ne vous emmènera pas au Kit Kat Klub (omniprésent en ce moment après le succès de Cabaret sur la scène des Folies Bergère, le disque à venir de Patricia Kaas...), mais bien plus loin, sur des terres moins foulées et moins communes, dans les délices de raretés chantées jadis devant une caméra à Paris, Berlin ou Hollywood, par les gosiers merveilleux de Florelle, Margo Lion, Dietrich, Leander ou encore Simone Simon.


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Peu de chanteuses françaises peuvent à ce point incarner véritablement (c'est à dire lui donner une âme et un corps) le rock'n'roll. Il y eut Magali Noël en 1956. Il aura fallu ensuite attendre plus cinquante ans pour retrouver cette énergie électrisante et sensuelle, ce feu, en la personne de Marie France. A Paris le huit septembre dernier, elle donna son plus beau concert Phantom Featuring Marie France.


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Un documentaire de 1991, un album original de 1973, sept inédits... le coffret Catherine Sauvage qu'EPM vient de publier est hétéroclite et inégal, mais il permet de mettre en perspective (et de faire réfléchir sur) l'art de l'une des plus grandes interprètes de l'après-guerre. Tout à la fois insatisfaisant et essentiel, donc.


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Christophe, comme Françoise Hardy ou Dani, est l'un des rares survivants des années yéyé qui n'ait pas besoin de se produire dans les tournées Age tendre et têtes de bois, car comme ses deux collègues, il a su construire un univers musical qui lui est absolument propre, trouver un ton, écrire et chanter quelques chefs-d'oeuvres, bref exister. Certains appellent cela la crédibilité, et Christophe a réussi à en gagner tant et tant qu'elle est peu à peu devenue autre, comme une sorte d'aura qui accompagne la sortie de chacun de ses albums. Cependant le tout dernier déçoit terriblement. A trop vouloir être à la hauteur de son mythe, on se perd. Et à trop vouloir être dans le coup, on fait vieux.


Disque

Lio

 

"What the world needs now ?" se demandait la grande Dionne Warwick... A priori certainement pas une nouvelle compilation de Lio, qui en compte déjà au moins sept : The best of Lio (Ariola 1985 et 1987), Les Plus grands succès de Lio (Ariola 1989), Peste of (WEA 1995), Best of Lio (Polygram 1998), Le Meilleur de Lio (Wagram 1999), Lio (Universal, 1999) et enfin le couple Les Pop songs (best of 1) et Les Ballades (best of 2) (Ze Records, 2005). Si l'on ajoute que ces deux compilations récentes étaient bien conçues et que depuis leur parution Lio n'a publié qu'un seul album original (Dites au prince charmant), on comprend que le plus exalté des fanatiques de la chanteuse accueille la nouvelle avec une moue légèrement blasée, et ce malgré le discours un peu vain sur l'aspect personnel de la chose (les titres ont été choisis par Lio elle-même, qui voulait faire son auto-portrait "à la veille de [ses] trente ans de carrière" etc.). Cependant il est un autre argument qui, lui, risque bien de faire disparaître toutes les préventions : le double album intitulé un peu prétentieusement Je garde quelques images pour mes vies postérieures offrira cinq inédits. Oui cinq... dont la merveilleuse chanson de Jérémie Lefebvre, "Moyennement amoureuse", chantée en duo avec Pascale Borel et enregistrée lors des concerts de cette dernière à l'Essaïon en septembre dernier. Largement de quoi justifier l'achat du "Banana split" pour la onzième ou douzième fois de votre vie (la première, c'était le 45 tours en 1979).


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La surprise du mois de lalalala est une extraordinaire rareté : Monique Morelli chante un (très beau) pastiche de chanson réaliste dans Cauchemar, un film de Noël Simsolo (1980). Une interprète mise en valeur par un véritable metteur en scène au service de l'art (cinématographique et chansonnier). Tout le contraire en somme de ces millions de photographies et de clips volés par tout un chacun et diffusés sur l'internet, que l'éditorial épingle. Tout le monde se croit aujourd'hui autorisé à jouer les apprentis photographes ou reporters. Pourtant il ne suffit pas d'avoir un appareil photo ou une caméra, et le plus souvent un simple téléphone portable, pour rendre compte. Il faut d'abord savoir écouter et voir.


Marc Moulin

 

Vu de France, le bruxellois Marc Moulin, qui est mort vendredi 26 septembre d'un cancer à l'âge de 66 ans, n'est pas un homme de radio (de nombreuses émissions depuis les années 70), ni un auteur (un essai sur les médias, des recueils d'Humoeurs...), ni même le compositeur de quelques albums de jazz électro édités par Blue Note : il est seulement le compositeur de quelques chefs-d'oeuvre pour Alain Chamfort et surtout Lio, dont le sublime, l'immortel (à l'échelle de la pop) "Mona Lisa" (paroles de Jacques Duvall). Quand on sait qu'il est également l'arrangeur (avec Dan Lacksman) du premier album de la même (1980), ce jalon essentiel de la french pop, on mesure l'importance de son legs, même lorsqu'on le considère par le petit bout de la lorgnette. Son dernier projet musical, élaboré avec Duvall et le label Freaksville Record, était un album de chansons où l'on aurait croisé Pascale Borel et Simone Tassimot, entre autres... Marc Moulin est parti, il en avait peut-être assez, comme dans la chanson "J'aime un fantôme" qu'il avait composée pour Lio en 1983 (paroles de Duvall) : "Toi tu te tires dès que t'en as assez... / Tu disparais, tu ne fais que passer / Comme un fantôme".


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Nous aurions pu aller écouter Barbara Carlotti chanter "Paris Plage" à Paris Plage le 25 juillet. Nous avons préféré la voir interpréter "Cannes" à Berlin trois jours plus tôt. Compte-rendu ici.


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Pour cette rencontre avec Barbara Carlotti, Lalalala a déployé les grands moyens : pas moins de trois garçons qui, ensemble ou séparément, ont interrogé la chanteuse lors de deux entretiens dans un seul et même café.


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Il est rare que nous ayons éprouvé le désir de réécouter l'un ou l'autre des albums les plus récents de Juliette. Que se passe-t-il ? Réponse dans la critique de son tout dernier disque, Bijoux et babioles.


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Finir ce que l'on a entrepris. Catherine Ringer a décidé de terminer seule la tournée des Rita Mitsouko commencée avec Fred Chichin, mais interrompue par sa mort. C'est à la Cigale, salle que le groupe avait inaugurée en 1987, que Catherine Ringer chanta deux soirs durant les Rita Mitsouko. Compte-rendu ici.


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Jean Guidoni

 

C'est en voulant rendre hommage à Marianne Oswald que Jean Guidoni a chanté quelques titres de Jacques Prévert. La rencontre entre le poète des enfants et le chanteur de "Vérone Véronal" a quelque peu décontenancé les puristes, mais depuis Jean Guidoni a réussi à imposer sa lecture très personnelle des textes de l'auteur de "La Pêche à la baleine". A l'automne prochain, après vingt ans de fréquentation intermittente, il sortira comme tout le monde son disque Prévert - mais gageons qu'il ne ressemblera à aucun autre, et que de tous ceux qui existent, ce n'est pas le sien que les institutrices choisiront de faire écouter en classe...


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Ce n'est pas sur un archipel mais à l'Archipel exactement que lalalala est allé une nouvelle fois écouter Simone Tassimot dans son GainsBlues. Compte-rendu ici.


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Et si l'on chantait "Le Roi Renaud" non plus après Prévert, comme Cora Vaucaire, mais après Guédron ? Si "Aux marches du palais" venait après la pratique de Boesset et de Lully, et non plus après celle de Pierre Delanoë (Nana Mouskouri), qu'arriverait-il ? Un disque littéralement inouï qui donne aux "romances et complaintes de la France d'autrefois" que l'on croit connaître par coeur, un visage nouveau, lointain, étranger et amical, comme l'explique Aurélien Hupé dans son compte-rendu critique de l'album de Vincent Dumestre et de son ensemble Le Poème Harmonique.


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Notre collaboratrice Florence Chapiro a trouvé par hasard sur un banc du quartier de la Bastille à Paris une lettre que son auteur, un dénommé Usbeck, a sans doute perdue là dans des conditions indéterminées. Puisque par une heureuse coïncidence cette lettre traite d'un sujet qui nous est cher, la chanson française, et plus particulièrement du dernier album de Carla Bruni-Sarkozy, nous nous permettons de la publier aujourd'hui, non sans avoir décliné auparavant toute responsabilité pour les propos tenus par le voyageur (vraisemblablement) perse à l'égard de l'oeuvre de la femme du Président de la République française.


Disque

Valérie Lagrange

 

Une compilation de ses premiers et sublimes EP des années soixante avait été éditée en disque compact en 1993. Elle était rapidement devenue introuvable, et si l'on voulait savoir qui était Valérie Lagrange et ce qu'elle chantait, on ne disposait plus alors (et jusqu'à aujourd'hui) que de rééditions de sa période "rebelle" rock / reggae (fin des années soixante-dix, début des années quatre-vingt)... Pas le plus attrayant ni le plus fidèle portrait d'une interprète plus complexe qu'il n'y paraît. En 2003 l'album original Fleuve Congo ajoutait une belle pièce au puzzle, mais les compositions et les arrangements de Benjamin Biolay, pourtant d'une grande finesse, ne pouvaient faire oublier la splendeur sixties d'"Anatole" ou de "Trois cigarettes", une chanson d'Audiberti dont la jeune Valérie Lagrange donnait en 1966 la plus belle des versions. On pourra enfin retrouver ces perles et bien d'autres à partir du premier septembre prochain sur l'album Moitié-ange moitié bête qu'Universal rééditera pour la première fois dans son intégralité en disque compact. Alléluia.


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Le groupe Phantom et Jacques Duvall invitent Marie France et lui offrent un album entier. La chanteuse renoue avec l'univers rock de ses débuts sans perdre une once d'énergie, bien au contraire. Phantom featuring Marie France, disponible depuis le mois de mars en Belgique, est enfin sorti en France à la fin du mois de mai (on peut également le trouver sur le site de Freaksville Records, maison de disques fondée par Benjamin Schoos). Lalalala publie sa critique.


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L'histoire raconte que France Gall ne comprenait pas le sens des "Sucettes"... Etre une jolie fille qui chante des chansons de jolie fille écrites par des hommes, c'est d'abord passer pour une idiote, ensuite un objet. Mais certaines de ces poupées ont su, par leur génie de l'interprétation, déjouer ces pièges et conquérir une liberté et une force hors de tout discours. Florence Chapiro a exploré la discothèque de lalalala et en a rapporté une longue réflexion sur cette sorte de féminisme paradoxal, mais aussi sur la puissance du jeu de l'interprétation, de Bardot à Marie France en passant par Zizi Jeanmaire et Valérie Lagrange.


Frédéric Botton

 

Frédéric Botton, l'un des plus grands auteurs-compositeurs de chansons, est mort à Paris aujourd'hui, vendredi 27 juin, à l'âge de 71 ans. Il avait enregistré comme interprète quelques disques de ses propres chansons (sublime "Comme j'aimais la vie"...), mais c'est surtout la liste impressionnante de ses chanteuses (Annabel, Baker, Darc, Gréco, Marie France, Mars, Régine, Barbara, Dani, Jeanmaire, Sauvage, Patachou...) qui permettra à ses chefs-d'oeuvre de deux minutes d'obtenir la place qu'ils méritent dans l'histoire de la chanson. En attendant une notice dans le dictionnaire de lalalala, voici un titre rare en écoute, en guise de preuve irréfutable de son génie :"Aquarelle" enregistré par Annabel en 1969 pour son album Aquarelle : douze chansons de Frédéric Botton.


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Pierre-Michel Sivadier

 

Dans un autre monde, ou à une autre époque, "Lavandières" serait sur toutes les lèvres, enchantant la France entière par sa grâce mélodique, ses mots simples et mystérieux : "O saintes lavandières / Faites que tout se passe / Comme aux portes d'hier / Faites qu'elle m'embrasse / Et m'emporte à demain / Qu'à l'insu des misères / Me donne rendez-vous / Rue des Lavandières / Sainte Opportune..." Ici et maintenant, "Lavandières" s'écoute dans une solitude exaltée, entre joie et tristesse, le coeur soudain lavé et le corps apaisé. Combien de chansons comme celle-là, au bord des larmes et si proche de la prière ? (En attendant le nouvel album de Pierre-Michel Sivadier, sur lequel elle figurera, on peut écouter "Lavandières" ici ou ici).


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Malgré son nom, la Foire de Paris, ce n'est plus tout à fait Paris... Pourtant le premier mai, l'esprit de la capitale soufflait bel et bien sur les hangars de la porte de Versailles, et sans doute comme jamais. Encore un miracle de Marie France.


Disque

Christophe

 

Pour son nouvel album, Aimer ce que nous sommes qui paraîtra le 30 juin prochain, Christophe a encore une fois demandé à Marie Möör de lui écrire deux textes, dont "Odore di femina", au titre mozartien (Don Giovanni) bien mystérieux... Marie Möör est l'un des plus grands auteurs de chansons aujourd'hui, et il faut saluer la clairvoyance de Christophe en la matière. Espérons que le précurseur qu'il est, sera demain prescripteur, afin que nous puissions continuer de ramasser les cailloux que sème la Möör au gré de ses fulgurances.


Concert Adriana Voss

La nouvelle équipe de l'Essaïon n'a pas peur du grand écart : entre deux séries de concerts pop que donnera Pascale Borel, c'est Adriana Voss qui fera entendre sa poésie, le dimanche 14 septembre à 15 heures. Magnifique interprète du répertoire mais également de ses propres textes chargés d'histoire, d'art, de culture - et de passion -, Adriana Voss sera accompagnée de Roger Pouly et de quelques-uns de ses élèves du Studio Chanson, le temps d'une Escale transatlantique qu'il est déconseillé de laisser passer. Car rien ne dit qu'Adriana Voss jette ensuite son ancre en territoire parisien avant une ou deux années. Rien ne dit le contraire non plus d'ailleurs, mais qui serait assez fou pour prendre le risque ? Renseignements : 01.42.78.46.42


Concert Etienne
Daho

On n'attend pas grand chose d'une énième tournée d'Etienne Daho, qui se terminera avec une série de concerts à l'Olympia du 3 au 8 juin : quoi qu'il en pense, et quoi qu'en disent ses admirateurs les plus inconditionnels, ce n'est pas sur les planches d'une scène qu'Etienne Daho est à son meilleur. Peut-être le concert du 3 décembre à la salle Pleyel (laquelle accueillera d'ailleurs également Air en octobre et Marianne Faithfull en juin 2009), parce qu'il se déroulera dans un lieu habituellement consacré au concert symphonique, sera-t-il différent - et plaisant ?


Concert Pascale Borel

Ce fut pour nous l'une des révélations de l'année : Pascale Borel n'était pas seulement une icône pop à la discographie parfaite (des Mikado de 1982 à son album solo de 2005), mais aussi une merveilleuse interprète en (ou de) scène. A l'Essaïon en janvier dernier, accompagnée de Jérémie Lefebvre, d'un petit ensemble et de quelques invités, elle présenta une série de concerts stupéfiants de grâce et d'équilibre, à mi chemin entre pop synthétique et chanson acoustique, humour et mélancolie, improvisation et rigueur... A la demande générale des gens de qualité, Pascale Borel donnera dans la même salle de nouveaux concerts les 10,11,12,17 et 18 septembre prochains, comme elle s'en explique dans cette petite publicité....


Concert Marie France

Le Réservoir, qui avait assuré la programmation musicale de la Foire de Paris en mai dernier, et avait à cette occasion offert une scène à Marie France et ses amis pour une mini revue mémorable, accueillera de nouveau l'interprète de Duvall le 8 septembre prochain, mais cette fois-ci dans ses murs, rue de la Forge Royale (Paris XI), et pour un concert rock, puisque la belle sera accompagnée par les Phantom. L'occasion pour Marie France d'électriser le public, comme elle fit au centre Wallonie-Bruxelles le temps de cinq titres (le 20 février 2008), et de faire oublier l'incompétence du technicien du son de la Flèche d'or lors du malheureux concert du 30 mai. Marie France se rendra ensuite à Berlin pour deux concerts, toujours accompagnée de son groupe, à l'exception de Benjamin Schoos, qui est excusé (de justesse). Gageons que ces deux soirées exceptionnelles feront davantage pour l'amitié franco-allemande que les familiarités douteuses de Nicolas Sarkozy à l'égard d'Angela Merkel.


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Quelle drôle d'idée que de choisir une ballade automnale comme surprise de l'été. Il faut dire que l'éditorial qui l'accompagne, consacré aux festivals, n'est pas lui non plus d'une humeur très estivale.


Concert
Jil Caplan et Barbara Carlotti

Comme chaque année par souci de conformisme autant que d'équilibre financier, les festivals d'été invitent des têtes d'affiches, celles dont on n'achète plus toujours les disques mais que bizarrement on se presse d'aller écouter ou voir. Ainsi La Rochelle accueillera Vanessa Paradis, Yelle, Thomas Dutronc... lesquels se retrouveront à Carhaix au festival des Vieilles Charrues avec Etienne Daho... Du nord au sud les mêmes concerts sur les même tréteaux donc, à peu de choses près. Néanmoins, parfois, quelques échappées, comme Jil Caplan dans un répertoire très inattendu (Francis Lemarque VS Yves Montand) ou Barbara Carlotti revisitant les chansons de Brigitte Fontaine (les deux spectacles auront lieu à La Rochelle dans le cadre des Conf' chantées organisées par le Hall de la Chanson, respectivement les 14 et 13 juillet, renseignements : Francofolies)


Disque

Nicole Louvier

 

Enfin un disque compact de Nicole Louvier ! La chanteuse, auteur et compositeur disparue en 2003, nous a offert quelques merveilleuses chansons, essentiellement dans les années 50, que Lucienne Delyle ou Marie France ont eu l'intelligence d'inscrire à leur répertoire (impossible d'oublier l'interprétation de "Qui me délivrera ?", sur la scène du Hot Brass en 1997 par une Marie France tragédienne). Ce disque, édité par le label I.L.D., est disponible chez certains disquaires et directement sur le site http://www.ild.tm.fr/.


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"Du sud au nord tout le monde connaît bien Marie"... Faut-il croire la chanson ? Marie France nous a reçus autour d'une tasse de thé pour une longue conversation qui a permis à "La Fille au coeur d'or", qui n'est pas aussi "déréglée" qu'elle le chante, de poursuivre elle-même son autoportrait, avec sérieux et malice.


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Qu'est-ce que Jacques Lassalle a bien pu penser du concert donné par Helena Noguerra au Bataclan le premier février dernier ? A-t-il été sensible à l'imagerie et au son pop 60's ? Ou s'est-il ennuyé en écoutant "J'ai la mémoire qui flanche" ? Voici le point de vue de lalalala.


Revue
Je Chante

André Popp évoque le clavecin, Marie Laforêt et Ligeti (qu'il n'aime pas beaucoup). Mais aussi les ondes Martenot, Claudine Longet et Messiaen (qu'il aime énormément). L'un des plus grands arrangeurs de la variété, de la pop et de la chanson françaises, le compositeur de "Mon amour, mon ami" et de Delirium in hi-fi donne un long entretien à la revue Je chante ! (numéro 2, premier trimestre 2008), qui, dans un bel effort de dialectique, a placé une photographie de Vincent Delerm en couverture de son numéro...


Disque

Jacques Duvall

 

Comme s'il ne lui suffisait pas d'élaborer les affiches les plus excitantes du show-business (cf. le concert du 20 février annoncé plus bas), Jacques Duvall est en train de réaliser le disque dont on aurait pu rêver une nuit où l'esprit bat la campagne :
"Si tu étais à la tête d'Universal, que ferais-tu ?
- D'abord je romprais le contrat de Zazie... Ensuite je rééditerais Aquarelle d'Annabel... Enfin je ferais un disque de chansons de Jacques Duvall.
- Et qui inviterais-tu ?
- Les plus grandes : Marie France bien sûr... Pascale Borel... Marie Möör, qui devrait apporter quelque chose d'inouï aux textes de Duvall... et puis une grande interprète de la chanson, pour voir comment l'auteur pop sonne dans un gosier habitué à Mac Orlan, Simone Tassimot par exemple... et puis...
- Oh tu peux arrêter là, va : ce disque ne verra jamais le jour..."
Si justement, sur le label Freaksville Records et certainement sous le titre Les Chanteuses à barbe du Cabaret Freaksville, en 2009.


Disque

Arielle

 

Nous étions heureux d'annoncer qu'Arielle préparait un nouvel album. Nous le sommes davantage encore après l'écoute de "La Chemise", la maquette qu'elle a mise sur sa page MySpace, une très belle samba où le don du corps et la résistance armée se mêlent avec une grâce singulière : "Regarde-moi j'enlève ma chemise / Combien de fois faut-il que je te dise / Dépêche-toi déchire ma chemise / J'entends au loin le chant des partisans". ("Si j'étais à la tête d'Universal, je signerais cet album etc").


Disque

Barbara Carlotti

 

Barbara Carlotti vient de terminer le mixage de son prochain album, L'Idéal, qui sortira en mars, le même mois que Tristan, le nouveau disque de Jean-Louis Murat. Les merveilleux Les Lys brisés et Charles et Léo seront-ils égalés ?


lalalala

 

"La joie et la peur de te revoir"... On se répétait sans le vouloir la phrase de Marie Audigier avant le concert de Pascale Borel au cabaret de l'Essaïon. La joie d'écouter et de voir enfin sur scène celle qui nous avait donné un si bel album (Oserai-je t'aimer ?, 2005), et la peur d'être déçu - tant l'on attendait d'une chanteuse qui, par ailleurs, faisait ses véritables débuts sur les planches. Mais la première fut si belle que nous allâmes à la deuxième, et irons sans doute encore, puisque Pascale Borel chantera les 24, 25 et 26 janvier, et que d'autres invités surprise (après Lio et Apolline Daumer) sont annoncés.


Disque

Régine

 

Régine fait comme tout le monde : elle aussi reçoit ses amis pour un album de duos à paraître bientôt... Mais cette fois la "logique Taratata", à laquelle les directeurs artistiques des maisons de disques semblent s'accrocher comme à une bouée de sauvetage, atteint un niveau d'improbabilité extraordinaire - à la mesure sans doute du carnet d'adresses de Régine : Liza Minelli, Paolo Conte, Robbie Williams, Jane Birkin, Bénabar... Faut-il espérer vivre assez longtemps pour un duo Brigitte Fontaine - Michaël Jackson ?


DVD

Zizi Jeanmaire

 

Zizi Jeanmaire est un génie. Le numéro que Roland Petit a créé en 1961 pour sa chanson "Mon truc en plumes" fait pleurer de joie les âmes sensibles. Et ses "Bleus" sont un des sommets de l'oeuvre de Gainsbourg. Bel Air vient d'éditer un DVD qui reprend l'intégralité de Plumes et diamants, le show qu'Averty a mis en scène pour la télévision en 1982, ainsi que des extraits plus ou moins importants de Zizi aux Bouffes du Nord (1988), Zizi au Zénith (1995) et Zizi Jeanmaire 2000. Dès qu'elle aura essuyé ses larmes et recouvré ses esprits, la rédaction de Lalalala essaiera de faire une critique de ce DVD indispensable.


lalalala

 

Léo Ferré a laissé une vingtaine de maquettes de nouvelles chansons composées sur des poèmes de Baudelaire. Matthieu Ferré, son fils, les a confiées à Jean-Louis Murat, qui en a enregistré une douzaine avec l'aide de Denis Clavaizolle (arrangements) et de Morgane Imbeaud (choeurs). L'album, publié en octobre dernier, est, no more, no less, un chef-d'oeuvre.


lalalala

 

A l'heure où certains auteurs de chansons sont en train d'écrire pour essayer de placer un ou plusieurs textes auprès de la future Star que les téléspectateurs de M6 vont voir naître sous leurs yeux, Lalalala a regardé et surtout écouté Amandine, Cédric, Jules, Lucile, Ycare.... Nos commentaires dans l'éditorial du mois de mai.


Concert Simone Tassimot

Le 24 juin prochain, nous écouterons sa voix, nous écouterons sa prière, nous écouterons son coeur qui bat, nous nous laisserons faire... Simone Tassimot est de retour à Paris pour un concert exceptionnel à l'Archipel, Paris X. Gainsblues again : encore une fois le beau Serge, dont elle est sans contredit la meilleure interprète aujourd'hui. D'ailleurs c'est bien elle que les véritables amateurs de Gainsbourg iront écouter en cette année d'hommages divers (2008 est le quatre-vingtième anniversaire de sa naissance), et non les inévitables, indigestes et presque toujours inamoureuses relectures que les programmateurs de la Cité de la Musique (Paris) ont imaginées : Gainsbourg arabisant (Arabesque de Birkin), Gainsbourg jazz-rock-klezmer (John Zorn), Gainsbourg rock (Blonde Redhead), Gainsbourg japonais (Kenzo Saeki, qui "joue avec la figure d'un Gainsbarre de karaoké, affublé de costumes années soixante-dix", et Jon The Dog, "extravagante chanteuse japonaise déguisée en chien qui se produit avec son harmonium"...)... Très loin de ces épuisants frou-frous post-modernes, Simone Tassimot et son pianiste Jérôme Destours n'auront d'autre ambition que de faire écouter la voix de Gainsbourg. Sa prière aussi, peut-être, et son coeur qui bat toujours.


Concert
radio

Est-ce parce que les interprètes de la chanson française ne s'intéressent plus guère à ce qui a été écrit et composé avant 1900 (on pourrait même dire 1950...) ? Est-ce parce que certaines institutions ou salles ont décidé d'explorer ces "nouveaux répertoires engloutis" ? Est-ce simplement l'effet de leur curiosité ? Quoi qu'il en soit, de nombreux interprètes "issus" du chant baroque abandonnent momentanément chaque saison leur Rameau, Guédron ou Rossi pour faire revivre "les chefs d'oeuvre du cabaret du Chat Noir" (Jérôme Correas du 12 au 18 juin 2008 à l'auditorium du Musée d'Orsay) ou "la comédie des chansonniers (récital de chansons à texte du XIXème siècle)" (Arnaud Marzorati les 27 et 29 janvier et 2 février 2009 à l'Opéra Comique), ou encore les "chansons de brigands et romances d'autrefois" (Vincent Dumestre le 30 janvier 2009 à l'Opéra Comique)... Plus près de nous, le premier juin prochain à minuit, c'est Françoise Masset, grande lullienne (cf. la série d'enregistrements d'Hugo Reyne), qui donnera à entendre les très rares romances écrites par Marceline Desbordes-Valmore et composées par Pauline Duchambge, dans le cadre de l'émission d'Hélène Hazera diffusée par France Culture, Chanson Boum ! (accompagnement au piano : Claude Lavoix).


Concert Barbara Carlotti

Barbara Carlotti a pris le temps de nous accorder un entretien que nous publierons bientôt. Entre deux représentations d'Imbécile, la demoiselle de la pop se produira seule sur scène, du 22 au 24 mai au théâtre l'Européen (Paris XVIII) pour fêter la sortie de son second album. Trois concerts en plein festival de Cannes, qui ne lui laisseront que douze jours pour vérifier si cette année encore "à Cannes tout est possible".


Concert Hanna Schygulla

Paris sans Hanna Schygulla, justement, n'est plus tout à fait Paris. Après plusieurs saisons où elle nous gratifia de spectacles musicaux consacrés à Brecht, Weill et même Louise Brooks, après ses nombreux concerts où elle défendait les chansons que Jean-Claude Carrière et Jean-Marie Sénia lui avaient écrites, elle revient, du 4 au 8 juin au théâtre des Bouffes du Nord (Paris X), avec Par coeur, paroles de Carrière et musique d'Etienne Perruchon. On aurait préféré qu'elle gardât le génial Sénia et se débarrassât du lourd parolier qu'est Carrière, mais le très éclectique Perruchon (qui a composé pour des auteurs aussi différents que Büchner et... Ruquier) saura sans doute s'adapter à l'extraordinaire personnalité vocale d'Hanna Schygulla.


Spectacle
Fabienne Guyon

"C'est comme ça, les violettes / Quand elles sont heureuses, elles rougissent / Quand elles sont malheureuses / Elle pâlissent et se fânent" ... Dans Une chambre en ville Fabienne Guyon incarnait à la perfection Violette, la figure même de la jeune amoureuse naïve dans l'imaginaire de Jacques Demy. Depuis, de comédie musicale et opérette, elle n'a quasiment pas cessé de nous enchanter, jusque dans des rôles fort éloignés de Violette, comme celui de Souingue de Laurent Pelly. Les Voyages de Fabienne Guyon, qu'elle créera au théâtre de l'Épée de bois à la Cartoucherie de Vincennes le 7 juin prochain, promettent donc beaucoup, et les amateurs de Fabienne Guyon s'y rendront comme à un rendez-vous secret.


Disque

Berry

 

Des jolies cordes, des percussions délicieusement réminiscentes des celles d'"Ex-fan des sixties", des phrases aux cuivres typiquement pop... mais aussi un timbre charmant, un chant-chuchotement d'une grande simplicité, enfin des mots plaisamment anodins, qui ne forcent pas l'écoute ("Mademoiselle j'ai des secrets / Des choses que je sais, que je tais / Un vieux bubblegum / Qui colle au soulier comme un homme / Mademoiselle j'ai des regrets / Des trucs pas très chics que j'ai faits...") : les extraits de Mademoiselle, le premier album de Berry, semblent promettre une agréable surprise de fin d'hiver (sortie le 25 février, concerts à l'Opus Café (Paris X) le 17 et le 18 mars, renseignements : 01 40 34 70 00).


lalalala

 

Cali a ceci d'extraordinaire qu'il résume à lui seul les pires travers d'une certaine chanson française, aussi bien sur la forme (chant, tenues de scène etc) que sur le fond (engagement, romantisme de bazar etc). Son dernier album est à cet égard son chef d'oeuvre, et l'une de ses chansons nous a beaucoup donné à réfléchir... Heureusement il y a sur la même page, dans la colonne de droite, une magnifique rareté de Marie France à écouter, pour se ressouvenir de ce que les mots de nuance et de finesse veulent dire.


Concert
Jacques Duvall

Jacques Duvall sera en concert le 20 février au Centre Wallonie-Bruxelles (Paris IV, renseignements : 01.53.01.96.96). Il sera rejoint sur scène par Marie France, Charline Rose, Elisa Point et Alain Chamfort. C'est ce que l'on appelle une affiche.


Spectacle
Claude Duneton et Catherine Merle

Claude Duneton a décidé, comme l'époque elle-même, que le mot de conférence était un gros mot et qu'il fallait lui préférer celui de "causeries" ("Ce ne sont surtout pas des conférences mais des causeries chantées ou causeries vaudeville")... Ce rhabillage lexical de pure correction politique ("Le but étant que tout cela soit le moins didactique possible et en évitant tout relent de pédanterie" etc.) ne change pourtant rien à l'affaire : c'est bien la forme du duo chanteuse et conférencier qu'il utilise sur la scène du théâtre du Rond-Point, puisque l'interprète Catherine Merle l'accompagne dans sa réflexion historique et thématique sur la chanson satirique. Et quoi de plus délicieux que cette "Combinaison vraiment heureuse dont chacun peut bénéficier / Car lorsqu'on entend la chanteuse, on n'entend pas le conférencier / Le conférencier, la chanteuse n'opèrent donc que successivement / Aussi quand chante la chanteuse, on ne sait d'où vient l'agrément / Chacun dans la salle joyeuse se dit "Qu'est-ce qui peut m'égayer ?" / Est-ce la voix de la chanteuse ou le silence du conférencier ?" ("La Chanteuse et le conférencier", (extraordinaire) chanson de Jacques Ferny) ? La chanson qui mord, du 26 mars au 20 avril, théâtre du Rond-Point, Paris.Renseignements : 01 44 95 98 21.


Concert
Vanessa Hidden

Vanessa Hidden revient à Paris en mars dans le minuscule et charmant théâtre de l'Île Saint-Louis (Paris IV) : du 4 au 9, puis du 18 au 27 elle y présentera en effet C'est toujours ça de pris !, son beau spectacle composé autour de Marie Dubas, Yvette Guilbert et Yvonne Printemps. Renseignements : 01 46 33 48 65.


lalalala

 

Si vous voulez savoir quelle est la plus belle chanson, le meilleur album et le plus extraordinaire concert de l'année 2007 selon lalalala, vous pouvez lire l'éditorial du mois de janvier (y est également attribué le "Prix lalalala de l'horreur"). Si notre avis ne vous intéresse pas le moins du monde, vous pourrez dans la même page vous tourner vers celui de Barbara Carlotti, Bertrand Dicale, Marie Möör, Jacques Duvall, Francesca Solleville et de bien d'autres encore...


Disque

Daniel Darc

 

Daniel Darc a réussi un retour inespéré en 2004 avec son merveilleux album Crève-coeur : que l'éternel mauvais garçon fragile de la pop française ait eu la force de mener à bien une telle oeuvre, que le hasard lui ait permis de rencontrer Frédéric Lo, le compositeur qui a sans doute le mieux compris le personnage Darc et son univers, enfin qu'Universal ait produit la chose... tout cela tint du miracle - se produira-t-il encore avec Amours suprêmes, qui sortira le 14 janvier, alors même que Darc est devenu entre temps un auteur recherché, notamment par des chanteurs qui n'habitent pas le même monde que lui (Thierry Amiel, Alizée, Elisa Tovati...) ? La présence de Frédéric Lo, mais aussi celle, nouvelle, de Morgane Imbeaud (dont les "lala" en contrepoint de Murat sur Charles et Léo sont littéralement inoubliables), ainsi que l'écoute d'une première chanson ("J'irai au paradis") laissent augurer le meilleur. En revanche on espère que la participation de Bashung n'est pas le signe que le "fleur de peau" mystique et adolescent propre à Daniel Darc se soit pétrifié en un masque épais de pseudo-noirceur, pareil à celui que porte depuis plus de dix ans l'ancien compositeur et producteur de Dick Rivers.