Katerine    
 
Cirque Royal (Bruxelles), 4 octobre 2006
 
  La Secte Machine
Récitals
  Première partie: Czerkinsky
Sommaire
 
Accueil
 

Suite de la tournée de tous les succès pour Mr Katerine. Après avoir enflammé les festivals d’été, des Francofolies aux Eurockéennes, l’iconoclaste nantais s’installe au Cirque Royal de Bruxelles le temps d’une soirée avec ses amis, les ex-Petits Lapins (aujourd'hui La Secte Machine).
Curieusement, et malgré un bouche à oreille plus que positif après sa prestation aux Nuits du Botanique quelques mois auparavant, le concert n’est pas complet et lorsque nous arrivons vers huit heures moins le quart (pour un début de spectacle prévu à huit heures), c’est une salle plutôt clairsemée qui nous accueille. Néanmoins une ambiance légèrement électrique parcourt le public, qui semble de toute façon acquis d’avance.
"Avant le plat de résistance, il y a toujours les hors d’œuvres": c'est par ces mots que Katerine introduit "la première partie". Un homme s’avance, guitare à la main, assez grand et longiligne, cheveux plus sel que poivre, lunettes rectangulaires. Sa silhouette ne nous est pas totalement inconnue. Il attaque un morceau: incroyable, le retour de Czerkinsky ! En cinq nouveaux titres et deux succès ("Natacha" et "Les sacs en plastic"), Grégori réussit cependant à se mettre la salle à dos. Non seulement ses chansons ne sont pas forcément évidentes à la première écoute, mais les deux succès passés qu’il reprend sont massacrés. "Natacha", comptine pop par excellence, qui emprunte son gimmick au "Christiansen" de France Gall, ne se remet pas de l’affront. D'ailleurs Czerkinsky a la même attitude que lors de ses concerts parisiens à la sortie de son premier album solo: professionnellement suicidaire. Lorsque, au premier rang, un spectateur l’interpelle pour lui demander qui il est, Czerkinsky se lance dans un monologue sur l’être et le savoir: "Il vaut mieux être parce qu’on ne sait jamais qui on est…". Bref, il ne donne pas son nom. On ne peut pas l’accuser de promotion à outrance… Reste que si sa performance laisse à désirer, les nouveaux titres ne sont pas dénués de charme et l’on retrouve le style de son album éponyme. Vivement le suivant.
La salle est désormais bien remplie. Le noir se fait. Arrivée des ex-Little Rabbits et de Katerine: les premières notes d’"Êtres humains" résonnent. Le ton est résolument rock. Mr Katerine, pieds nus, slip rose qui laisse assez peu de place à l’imagination, torse peint (y sont dessinés, façon écorché, poumons, cœur, intestins… et sur son dos, est inscrit "EN CORPS"), a le sourire d’un gosse préparant un sale coup: on va voir ce qu’on va voir - et on a vu et entendu. D'abord Katerine chante bien, ensuite il a une présence incroyable sur scène: c'est une vraie rock star qui démontre qu’il n’est pas nécessaire de sortir d’une boule à facettes, comme Madonna dernièrement, pour capter l'attention (la sienne d'ailleurs, de boule, est accrochée au dessus de la scène). Les titres de l’album s’enchaînent sous les "Oh !" et les "Ah !" d'un public qui connaît vraiment l’œuvre du dernier surréaliste de la pop française, bien au-delà des seuls "Louxor j’adore" et "100% VIP", et sait apprécier "Numéros" par exemple, qui même sans la douce voix d’Helena, reste une des plus belles chansons de son auteur. Katerine revisite aussi ses précédents albums le temps d’un "Grands restaurants" et d’un "Parlez-vous anglais ?", qui s'accommodent très bien de leur nouvel habillage rock, ou encore le temps d'un "Le simplet", qui perd sur scène tout ce qu'il peut avoir de crispant sur l'album (L'Homme à trois mains). Katerine lui-même l’avoue en préambule: "Cette chanson a été reconnue comme pouvant donner de l’urticaire"; mais l'on doit se rendre à l’évidence, le charme de l’animal et son interprétation peuvent tout faire passer. Ses cauchemars éveillés, ses énumérations semblent parler à tout le monde, comme si c’étaient nos propres cauchemars qu’on prendrait plaisir à voir sur scène, avec enfin le second degré nécessaire pour en rire.
Après un tableau "100% VIP" (les petits lapins abandonnent la scène un instant, sur l’écran leur transformation façon San Ku Kaï les pare de cagoules en aluminium, de slips roses et sous pulls, puis ils reviennent pour jouer le morceau), un "Je vous emmerde" pendant lequel Katerine invite une demoiselle du premier rang à danser avec lui, et enfin "Borderline", Mr K se retrouve seul en scène avec sa guitare pour un intermède aussi minimaliste que ses premiers concerts. Et certains titres gagnent encore en beauté, comme ce "Jardin botanique", forcément écrit à Bruxelles, comme le rappelle son auteur.
La dernière partie du spectacle est traitée comme un final déjanté. D'abord une "invitée surprise", Boulette et ses copines, à savoir un des personnages créés pour l’album 8ème ciel: en fait les petits lapins sont habillés en fillettes de 12 ans, qui se tiennent à genoux sur la scène… Bref le grand n’importe quoi, et tout ça pour deux titres seulement ! Mais Katerine s’amuse, profite de son tout nouveau statut de vedette de la chanson pour faire ce qu’il veut, notamment avec ses cheveux... Enfin, pour le grand rappel que tout le monde attendait, un bis de "Louxor j’adore" repris à grand renfort de majorettes (les Vedettes !) tout spécialement pour Bruxelles (finalement elles répèteront ce happening lors de l’Olympia du 30 octobre prochain). Le public est heureux. Katerine sourit comme un enfant. Les petits lapins se déchaînent dans leur slip vert: le grand cirque royal !

   
 

   
 

Gérald Alary, correspondant à Bruxelles, octobre 2006

   
       
 

Etres humains
Excuse-moi
Qu’est-ce qu’il a dit
Le train de 19h
Les grands restaurants
1978-2008
Parlez-vous anglais Mr Katerine ?
Numéros
Le 20-04-2005
Répétez après moi
Patati patata !
Le simplet
Boum/Fumée/Petite fille/J’adore/San Ku Kaï
100% VIP
Prends-moi la tête
Louxor j’adore
Je vous emmerde
Borderline
Le jardin botanique
Barbecue à l’Elysée
Vacances à l’hôpital
John Lennon
Derrière la porte
Titanic
Louxor j’adore